Bonsoir,
Depuis quelques jours, la communauté anglophone bouillonne d'une controverse sur le modèle économique le plus approprié pour pérenniser l'existence des modules contributifs. Si j'ai bien compris, elle est née de l'annonce d'une intervention de Robert Douglass aux DrupalDevDays de Bruxelles (dans 10 jours), intitulée "Sell your code: Announcing the DroopyAppStore". Quelques unes des pointures de la communauté se sont déjà exprimées sur le sujet, notamment Earl Miles (Monsieur Views, aka MerlinofChaos) ou Morten Birch Heide-jørgensen (qui se fait reconnaître en ligne sous le pseudonyme mortendk, puisqu'il est danois, et dans la vraie vie sous une indéboulonnable casquette beige). Parmi les commentateurs de leurs billets, d'autres noms connus apparaissent, comme celui de Gabor Hojtsy, qui est avec Dries le co-maintainer de Drupal 6. Un hashtag twitter a même été lancé (#drupalappstore). Dries lui-même n'est pas (encore) intervenu directement dans le débat, mais dès qu'il aura été relâché par les kangourous, il dira peut-être un mot ou deux.
le problème
Drupal est un logiciel open-source mis à la disposition de tous sous la licence GPL. Les modules et thèmes offerts par leurs développeurs à la communauté sur le site drupal.org doivent impérativement être placés sous cette même licence. Celle-ci n'interdit pas exactement de vendre le produit qu'elle protège, mais dans les faits, les thèmes et les modules présents sur drupal.org sont gratuits.
De nombreuses sociétés ont développé des thèmes premium, vendus sur leurs propres sites. Pour les modules, beaucoup de développeurs proposent, sur la page "project" du module, des services de personnalisation ou d'aide particulière contre espèces sonnantes et trébuchantes ; on trouve aussi parfois un bouton de don Paypal.
Mais l'utilisation simple d'un module déposé sur drupal.org n'entraîne aucune obligation de rémunérer son créateur. Or il est bien évident qu'un développeur ne vit pas tout-à-fait de code et d'eau fraîche. Parfois, il mange une pizza ou boit de la bière. (oui, un développeur a des goûts bizarres). La situation peut être différente selon que l'individu en question est salarié par une société / institution qui croit en Drupal et finance les heures de travail qu'il y passe, ou bien free-lance responsable de ses propres revenus. Quoi qu'il en soit, le développement d'un module représente un travail parfois considérable, sans parler de sa maintenance.